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La course de Jean Broudeur
L’Olympique Cyclo Club Antibes Juan-Les-Pins
s’est habillé de fête pour ce 3 juillet.
Un jour avant l’indepence day, c’est la fête
nationale de l’OCCA. Une vague bleue colore tout le
circuit très exigeant des 3 moulins. Et pour nous,
coureurs de l’OCCA, c’est une force de plus à chaque
carrefour, à chaque encouragement. L’envie alors
de ne pas décevoir, de respecter l’immense travail
effectué pour préparer cette course décuple
nos forces, notre volonté et le dépassement
de soi, un dépassement nécessaire sur ce circuit
si difficile.
Jean
Luc Petit et toute l’équipe,
dont l’expérience
indispensable de Daniel Fusberti, auront réalisé plusieurs
marathons semés d’embuche pour arriver à faire
de ce jour une si parfaite organisation.
Le matin même, Gérard Allo a déjà fini
3ème pour un podium si mérité. Incroyable
Gérard qui dans une course tellement généreuse
comme il est lui-même aura tout fait pour l’emporter.
S’il est déçu, cela se comprend, il a
déjà tellement de podium dans les courses de
championnat national. Mais, c’est à nouveau
remarquable devant tout un club et autant de supporters.
Pour moi, c’est un exemple à suivre.
Pour
la course des Masters 1 et 2, nous sommes une très
belle équipe de l’OCCA. Il y a, pour les Master
1, l’expérimenté Cédric Barret,
habitué au haut niveau. Julien Bardin, excellent VTTiste,
un peu moins entrainé cette année, est venu
pour nous aider et nous encourager. Chez les Master 2, Hervé Lavarenne
est un peu là pour découvrir. Pourtant il est
l’un des coureurs en forme de l’OCCA avec de
nombreuses victoires cette année alors qu’il
réalise sans doute sa plus belle saison. Stéphan
Petit est aussi une référence. Ces nombreuses
années au plus haut niveau amateur lui ont donné une
remarquable expérience lui permettant de bien maitriser
les grands événements.
Le
départ est
donné à 14h pour un peloton
d’environ 60 concurrents. Le premier tour est un peu
une découverte pour certains, mais déjà Cédric
Barret est passé à l’attaque à l’approche
du Mur des Crêtes, cette côte infernale que nous
devrons gravir 9 fois. Il est tout juste repris qu’à nouveau
de nouvelles attaques fusent. C’est déjà au
début du 2ème tour que les choses sérieuses
commencent. Un petit groupe s’échappe et bientôt
Fabrice Collado part à son tour. Je me décide
alors d’y aller aussi. Je rejoins le groupe et part
seul dans le mur des crêtes à la poursuite du
dernier homme de tête que je ne rejoindrai d’ailleurs
jamais. Je suis rattrapé d’abord par David De
Vecchi puis un petit groupe avec tous les hommes forts de
ce championnat : Cédric Barret est là, Christophe
Rosé, Fabrice Collado, David De Vecchi, Christophe
Philibert, Raphaël Hilaire et d’autres Master
1. L’entente n’est pas bonne et le peloton revient
finalement. Le troisième tour sera donc celui de la
première grande sélection. Deux hommes sont
en tête, et dans la côte de l’arrivée à la
fin du 2ème tour De Vecchi par en contre. Sachant
qu’il ne vaut mieux pas le laisser partir je pars à mon
tour accompagné de Cédric Dubos, master 1.
Je rejoins les 3 hommes dans la côte où se situe
le feu. Derrière, la réaction ne s’est
pas faîte attendre. Les meilleurs coureurs du championnat
ont aussi réagit et nous nous retrouvons bien vite à 11
coureurs. Excellente nouvelle, Stéphan Petit est le
dernier à faire la jonction dans la partie la plus
dure, le fameux mur des Crêtes, au prix d’un
bel effort. Nous effectuerons alors deux tours ensemble.
Le peloton ne reviendra pas. Jusque là, je me sens
très bien. Les sensations sont très bonnes
et je suis très vigilant. Nous réalisons avec
Stéphan la course idéale jusqu’à maintenant.
Le rythme est régulier sans être excessif mais
bientôt certains ne prennent plus de relai. Je me mets
en fin de groupe pour observer un peu les autres concurrents.
Quelques attaques sporadiques animent un peu l’échappée.
On sent tout de même que nous ne pouvons rester aussi
nombreux. A mi course, je monte un peu plus fort la côte
d’arrivée. J’enchaine dans la descente.
Christophe Rosé, venu avec moi prend un relai un peu
appuyé et nous nous rendons compte qu’un écart
s’est fait. On se dit que cela vaut la peine d’insister.
Et on se met vraiment à forcer l’allure. Seul
David De Vecchi reviendra encore dans le mur alors que nous
roulons déjà très vite. Nous nous retrouvons
donc à trois, et le podium des Master 2 se dessine.
Très vite l’écart avec le reste de l’échappée
monte à plus de 2 minutes. Mais je comprends aussi
bien vite que seule la 3ème place sera accessible
pour moi. Je suis vraiment dans le dur et il reste 4 tours à parcourir.
2 heures de course me conviennent encore, 3 heures, c’est
trop pour moi. Les encouragements des nombreux bénévoles
et des jeunes de l’OCCA m’aident à tenir
le coup. Il faut que je reste le plus longtemps possible
avec mes compagnons d’échappée. Devant,
pour les Master 1, l’homme de tête ne perd rien
sur nous et même nous reprend à nouveau du temps.
Je
m’accroche tant bien que mal, et je suis presque
plus à l’aise quand la route s’élève
que dans les parties un peu plus roulantes. Peu à peu,
cela va un peu mieux. Arrosé d’eau fraiche à chaque
passage du mur, encouragé comme personne sur le parcours
et sur la ligne d’arrivée, approvisionné comme
il faut en eau par Sylvain Bellafante, ma petite famille
magnifique et enthousiaste qui s’anime aussi à chacun
de mes passages, je m’accroche et reprends des forces.
A l’avant dernier passage du mur justement, David De
Vecchi attaque. Christophe Rosé réussit à faire
rapidement la jonction et je navigue à 50 mètres
derrière eux sans m’affoler. Sur le faux plat
montant de cette montée, ils n’arrivent finalement
pas à relancer assez vite et à force d’énergie,
je réussi à les rejoindre. C’est finalement
au tour suivant que la différence va se faire de manière
radicale. David De Vecchi change de tactique et attaque au
pied du mur, il nous prend rapidement 100 mètres.
J’essaie bien de relancer mais les crampes me rattrapent.
Christophe Rosé et moi sommes presque au même
point. Il faut que je gère au mieux. Nous tentons
bien de relancer au sommet, de prendre des relais appuyés,
mais visiblement le coureur de tête est parti fort
et très vite nous sommes résignés à disputer
les accessits. Dans la montée finale, il suffira à Christophe
Rosé d’accélérer pour me lâcher à son
tour. Je termine épuisé à une honorable
3ème place.
Derrière Stéphan Petit aura aussi fait une
excellente course. Dans un groupe qui a fortement diminué,
ils seront trois avoir mené ce groupe. 2 autres qui
les accompagnent auront juste attendu l’arrivée
dans les roues pour faire le sprint. Stéphan termine à une
très belle 6ème place. Et le très courageux
Hervé Lavarenne termine aussi à la 9ème
place, preuve de sa volonté puisque nous serons très
peu à finir la course. En Master 1, Cédric
Barret obtiendra aussi une belle 6ème place, dans
une course si éprouvante pour tous.
Le profil de la course :
http://app.strava.com/rides/864029
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